Infosbar : Selon vous, quels sont les ingrédients indispensables pour une soirée réussie?
Emmanuel de Brantes : Des filles nues ou très dénudées, ça garantit toujours la bonne humeur. Il faut aussi de la bonne musique, originale et de non commerciale. Et on oublie toujours le bar, on vous sert inlassablement du gin, de la vodka, quelques jus de fruits, des boissons gazeuses, mais personne ne vous propose un Metropolitan ou un Grasshopper. Il faudrait créer une bonne vingtaine de classiques pour la France, nous aurions comme ça un peu plus de fantaisie au niveau de l'offre.
Avez-vous déjà travaillé derrière un bar ?
Oui, durant une semaine. C'était en 1978 au Coup de fusil , le restaurant de ma mère à New York. Il y avait une panne d'électricité dans toute la ville et aucun personnel ne pouvait venir chez nous, alors toute la famille s'y est mise. J'avais réclamé le bar. Il fallait surtout se souvenir de ce qu'il y a dans chaque cocktail sans passer pour un con en consultant son guide. Le mien a été édité en 1933, à la période de la prohibition aux États-Unis. Cet exemplaire a été imprimé il y a 20 ans et je l'ai eu à cet âge, je l'ai à 40 et je l'aurai à 80.
Qu'attendez-vous d'un bon barman ?
Naturellement, des propositions. Le barman doit toujours avoir quelques bonnes recettes pour le client qui hésite. Et un peu de spectacle, c'est essentiel depuis que Tom Cruise nous a montré que c'était possible.
Qu'y a-t-il chez vous, dans votre bar ?
Le contenu le plus varié possible ! J'ai un mini bar du George V, laqué noir et or. C'est mon coffre-fort, je garde toujours la clé sur moi. On y trouve bien sûr toutes sortes d'alcools, mais aussi des choses un peu plus rares, comme une chartreuse ancienne, des armagnacs et quelques rhums millésimés.