"Mamounia and the (Red) City"
Elle pourrait être l'héroïne d'une série cinématographique légendaire. La Mamounia, depuis sa première révélation au public en 1923, n'a cessé d'être sous les feux des projecteurs, successivement agrandie, réaménagée et relookée par de grands scénaristes de l'architecture et de la décoration. A sa dernière réapparition en 1987, la belle sultane s'était révélée grandiose, lumineuse. Marocaine fière de ses traditions ancestrales, elle inspirait néanmoins la fantaisie avec son côté Art Déco, invitant au rêve "made in Orient" et à l'évasion. On se souvient encore de scènes marquées par les va et vient de ses serveurs enrubannés, ses portiers portant le fez, le chant des oiseaux dans son magnifique parc au désordre étudié... Un chic mythique frôlant le mystique !
Puis en 2006, la star se replie à nouveau dans ses loges... Ainsi s'achève le feuilleton André Paccard. Le scénario du prochain est confié au célèbre décorateur français Jacques Garcia, amoureux de la belle depuis 40 ans. Un réaménagement en profondeur, loin des regards indiscrets : il faut montrer pates blanches pour pouvoir pénétrer les remparts de la forteresse. Après 3 ans, le truculent Garcia a enfin dévoilé le 29/09/2009 à 09h09 précises, une Mamounia rayonnante dans un décor hispano-mauresque. Réconciliée avec les fastes heures de son passé, de zelliges et de plâtres vêtue, sa muse a arboreré ses plus beaux atouts de séductrice -belles perspectives, colonnes en marbre, matériaux nobles, tissus, passementeries et boiseries- pour accueillir dans sa mystérieuse intimité, non sans fierté, le délicat hôte de passage et les nombreuses célébrités qui ont participé à sa gloire. (Voir notre dossier Spécial Mamounia page 21). Ainsi la "Queen Orientale" opère t-elle son retour "in the city". Dans cette même Ville Rouge qui devrait voir débarquer l'héroïne de l'autre série à succès, "Sex and the City". Sarah Jessica Parker, alias Carrie Bradshaw, ses copines délurées et son Mister Big s'apprêteraient à venir y tourner la suite de leurs tribulations newyorkaises. (Voir article page 08)
Une transition entre deux mondes que la nouvelle Consule Générale de France, Chantal Chauvin, tente de faire ressentir par un extrait du livre "Le Roman de Marrakech" d’Anne-Marie Corre : "A New York, puissance géométrique, symétrique, électrique, on s’agite. A Marrakech, on médite. Il y a comme une sensation d’abandon, quelque chose de plus fort que l’action. S’arrêter, savourer, absorber, s’imprégner, se laisser aller à penser, sans fil et sans filet, c’est la "Marrakech addiction"". (Rencontre avec Mme la Consule page 08).
Mouna Anajjar
Tribune_de_Marrakech_12_Sept_oct_BD.pdf
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