Quelles sont les grandes tendances son et lumières qui se dessinent pour 2006 ?
Gérard Giraudon : Il va y avoir un gros développement sur l'image. En fait le son, la lumière et l'image ne vont faire qu'un. Nous entrons dans l'ère du Vjing.
Mais les modes changent vite… Un investissement dans la technologie pour être « dans la tendance » est-il un gage de rentabilité ?
Avant on concevait des décors thématiques, indonésiens, égyptiens, grecs… La technique n'entrait pas en ligne de compte, c'était plutôt une pièce rapportée. Aujourd'hui, elle est omniprésente. Effectivement, on peut considérer qu'un global de 25 % du budget son-lumières-déco d'un établissement peut être considéré comme un plaisir personnel du dirigeant. Mais le reste demeure un investissement à long terme car nous utilisons aujourd'hui des outils de travail qui misent sur la polyvalence du lieu. Ce souci de pluralité est une grande tendance du moment.
Cela dit, un investissement qui pourrait paraître démesuré au premier abord, va au bout du compte, être rentabilisé grâce à une utilisation du lieu étendue et rendue possible 24/24 heures. C'est la réflexion que nous avons eu notamment avec le groupe George V Restauration, le Cabaret ou encore la Cantine du Faubourg qui sont des endroits polyvalents. En plus des pôles restauration et bar, de plus en plus d'établissements misent sur la privatisation événementielle car c'est une source d'amortissement non négligeable.
Dans l'univers de la mode, on reprend de manière récurrente les vieilles tendances que l'on adapte au goût du jour. En est-il de même dans le domaine de la lumière ?
Absolument ! Lorsque nous avons refait le Queen il y a deux ans, nous avons mis 40 araignées au milieu des Mac 2000. Nous avons aussi gardé une de ces bonnes vieilles recettes au Bound (ex B*Fly) que nous venons de refaire. On y a notamment installé des PAR 36 pour éclairer toutes les tables du restaurant. C'est ce que nous avons trouvé de plus efficace pour honorer le cahier des charges. Aujourd'hui, nous utilisons notre plus-value technologique pour concevoir des produits « revival ». C‘est une des tendances du moment : prendre des éléments classiques pour les incorporer dans un univers contemporain.