Connectez-vous S'inscrire
Infosbar - Tendances - Bars - Cocktails - Mixologie
#Bars #Cocktails & #Business
Facebook
Twitter
YouTube
Instagram
LinkedIn
Tendances Bars Cocktails

Tendances Bars Cocktails

Connectez-vousS'inscrire

En Suède, l'économie pétille et le champagne coule

Rédigé par le Dimanche 2 Décembre 2007

Ultime baromètre d'un mode de vie prospère et d'habitudes de consommation en mutation, le champagne coule à flot en Suède avec des ventes du luxueux breuvage qui atteignent un niveau jusqu'alors inégalé.





Les ventes de champagne aux particuliers devraient en effet franchir cette année le cap du million de bouteilles écoulé contre 738 000 l'an passé et 287 000 il y a dix ans dans le royaume scandinave de 9 millions d'habitants.

«Boire du champagne est devenu commun et l'on en boit tous les jours de la semaine pas uniquement le week-end ou pour célébrer un événement particulier», explique Per Nordlind, propriétaire du «Cocktails & Champagne Bar» situé dans un quartier huppé de Stockholm.

Le bar, où règne une atmosphère chic mais décontractée, propose quatre crus au verre et une trentaine à la bouteille, ce qui a fait la popularité de l'établissement où Suédois de tous âges, plutôt des classes aisées se massent en particulier l'été sur la terrasse.

Le succès du champagne s'explique par «une croissance économique durable, combinée à un intérêt croissant pour la qualité et le prestige», résume Martin Erlandsson, représentant en Suède de la célèbre maison Moët Hennessy.

«L'économie suédoise est très prospère. Nous avons beaucoup appris sur le champagne et en boire est une manière de montrer que nous gagnons beaucoup d'argent», estiment Fredrik Linder, 37 ans, et Jens T„kte, 36 ans, deux hommes d'affaires qui ont fait fortune dans les technologies de l'information et Internet.

De janvier à octobre, les ventes de Moët & Chandon, Bollinger, Pol Roger et autres Veuve Cliquot ont bondi de 26,88%, selon des statistiques de Systembolaget, société qui gère depuis 1955 le monopole de la distribution d'alcool.

Et c'est sans compter sur les milliers de bouteilles débouchées dans les bars, restaurants et boîtes de nuit, ni sur celles achetées directement auprès des producteurs français.

«La consommation mondiale augmente chaque année de 5 à 6% mais en Suède, elle s'accroît dans les mêmes proportions que dans les pays émergents, autour de 30%», confirme Ghislain de Montgolfier, président de l'Union des maisons de champagne.

«Il ne s'agit pas seulement d'un phénomène économique avec des Suédois au fort pouvoir d'achat. C'est aussi et même davantage un phénomène culturel», dit-il.

«En Scandinavie, il y a un développement manifeste de la gastronomie de qualité (chocolat, fromages, huile d'olives) avec un rapport à l'alcool qui devient un rapport à la convivialité», ajoute-t-il.

Un avis partagé par Crister Svantesson, passionné de champagne. Le sexagénaire, qui s'est rendu plusieurs fois en Champagne pour parfaire ses connaissances, raconte qu'il a toujours une bonne bouteille dans son réfrigérateur.

«C'est la plus belle boisson qui existe», sourit-il. «Si le champagne symbolisait le luxe il y a 15 ans, il fait aujourd'hui partie du savoir-vivre».

«C'est un vin cher donc nous prenons le temps de le déguster», ajoute Niklas Zachrisson, un publicitaire de 26 ans, une évolution remarquable dans un pays où les jeunes sont connus pour le «binge drinking» (boire pour se saouler).

Richard Juhlin, auteur suédois de l'ouvrage «4000 Champagnes» et expert internationalement reconnu, y voit même une «révolution gastronomique».

«Les Suédois voyagent beaucoup et sont influencés par les autres pays, par ce qu'ils y ont bu ou mangé», relève-t-il.

Il souligne que dans son club suédois, l'intérêt pour le champagne est grandissant avec trois cents personnes qui participent chaque semaine à ses sessions de formation.