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L’interdiction de fumer dans les bars à chicha fait tousser les professionnels

Rédigé par le Dimanche 2 Décembre 2007

Une odeur fruitée, un petit fond de raï, des tables basses rondes sur lequel reposent des sodas, des théières et des chichas. Bienvenue au Khéops, salon de narguilé ouvert à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, depuis un an et demi.





Il est 15 heures, Salim, 24 ans, cogérant du salon, allume le chauffage : «Il commence à faire froid». L’entrée en vigueur, le 1er janvier, du décret d’interdiction de fumer dans les bars tabac va causer la fermeture de son bar à narguilé et celle des 800 autres répertoriés dans toute la France.

«Inapplicable». Le seul moyen qu’il reste à ces bars pour exister est d’installer des fumoirs dont le volume, les dispositions et les conditions d’utilisation, d’aération et de ventilation doivent assurer la protection des non-fumeurs (le salarié compris). «Un salarié exposé aux risques, c’est-à-dire à la fumée du tabac, pourra se retourner contre son employeur», précise Pierre Morange, rapporteur de la mission spéciale à l’Assemblée. Face à cela, un syndicat a été créé en janvier : l’Union des professionnels du narguilé (UPN) et il regrouperait 120 salons de thé. Patrice Druyer, trésorier de l’UPN et propriétaire de deux bars à chicha, explique : «Notre but est de défendre les intérêts économiques des entrepreneurs. Ce que nous voulons, c’est une dérogation de la part du gouvernement car l’essentiel de notre chiffre d’affaires est basé sur la consommation de narguilé.» De plus l’UPN juge «inapplicable» l’aménagement prévu pour les bars orientaux, à savoir l’installation d’un espace clos qui représentera 20 % de la superficie de l’établissement «puisque le narguilé nécessite en soi une prestation de service à laquelle s’ajoutent les prestations de consommations classiques (boissons, thé, café…)».

Pourtant, ces salons ont donné «l’opportunité à de nombreux jeunes issus de milieux défavorisés de créer leurs propres entreprises», regrette Patrice Druyer. C’est le cas de Salim. «J’ai travaillé dans la manutention puis j’ai voulu me mettre à mon compte. On a ouvert ce salon de cinquante mètres carrés avec mon associé car c’est un commerce accessible et facile à monter.» Ensemble, ils ont investi trente mille euros, ils payent mille euros de loyers par mois et ont embauché un salarié. «On s’est fait une clientèle (environs trente clients par jours), on commence à bien marcher». D’autres personnes sont carrément sorties du chômage, comme Jamal, 23 ans, qui a ouvert le salon «La Kasbah» il y a un ans. «C’est ma première expérience professionnelle, et bonne en plus. Cela m’ a appris ce que c’est, de gérer une entreprise.»

La fin de ces bars orientaux, c’est «entre 4 000 et 5 000 salariés» qui perdraient leur emploi. Kheira, 19 ans, travaille depuis 7 mois au Khéops. Elle a choisi d’arrêter de travailler dans la coiffure pour être serveuse, car «c’est un milieu qu’il lui plaît, et les horaires sont plus cool. (de 20h à minuit).» Elle gagne 1 000 euros net par mois, «mon salaire me permet de payer mon loyer, mon gaz, mon électricité et de me faire plaisir un peu». Même chose pour Fatiha, 20 ans, étudiante en langues étrangères appliquées. Pendant deux ans, elle a travaillé dans plusieurs salons. «Avec 1 300 euros (net par mois), c’est le meilleur job étudiant. J’ai pu payer mes études, mon permis de conduire, et même aider ma mère à payer les factures de la maison.»
«C’est un refuge pour traîner le soir, au lieu de galérer»

Chez les consommateurs, la colère est encore plus grande. «Depuis que j’ai fermé, les client m’appellent sur mon téléphone, ils sont dégoûtés de ne plus savoir où se poser pour fumer» déclare Jamal. Saïd, 21 ans, fumeur quotidien de narguilé s’énerve. «Je claque trois à quatre cents euros par mois dans les chichas, c’est mon délire». Il vient ici pour «écouter de la musique et regarder les matchs de football autour d’une bonne pipe à eau». Même les non-fumeurs sont déçus de perdre leur endroit : «c’est un refuge pour traîner le soir, au lieu de galérer, de traîner, tu viens ici, te détendre, faire des rencontres et ça te permet d’oublier tes soucis,» lâche Sabrina, 21 ans, employée en boulangerie. Jamel, 22 ans, animateur en centre de loisirs confie «Si ça ferme, je vais acheter une chicha et cet hiver je la fumerais avec mes potes dans les cages d’escalier de ma cité».

Néanmoins, du côté du gouvernement, le ton est donné. «Non, il n’y aura pas de dérogation» ajoute Pierre Morange. «Il y a eu un an de sursis pour ce type d’établissement festif pour se mettre en conformité avec la loi.» Les membres de l’UPN ont déjà été reçu à trois reprises par la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot. Le dernier rendez-vous remonte au Jeudi 11 octobre 2007. «Toutes nos propositions ont été rejeté.», lâche Patrice Druyer.

Malgré tout, il reste une lueur d’espoir. Le député de l’Oise, Edouard Courtial a déposé une proposition de loi «visant à concilier protection contre les dangers du tabagisme passif et maintien de lieux de convivialité dans le tissu économique local». Il est soutenu par plusieurs députés de la majorité. Patrice Druyer est enchanté par ce projet. «Nous soutenons ce décret de modification de décret, car cela permet aux établissements de moins de 100 mètres carrés de choisir s’ils veulent être fumeurs ou non-fumeurs et les gens pourront fumer le narguilé dans des conditions optimales d’aération.»

Certains entrepreneurs, comme Jamal ont pris leur disposition, et se sont tout de suite reconverti. «J’ai vendu mon local pour ouvrir une boulangerie.» Mais, le trésorier de l’UPN, relativise : «80% des établissements ne peuvent pas se reconvertir car les locaux ne sont pas adaptés à d’autres commerces.» D’autres veulent résister. Bien que, selon l’UPN, en cas de non-respect du décret, «les gérants risquent un Procès Verbal de 800 euros et chaque client 75 euros d’amende». «L’Etat est responsable de ses lois, on ne va pas se faire écraser», lance Patrice Druyer. Et Salim de lancer : «on va essayer de se battre pour sauver notre commerce, car c’est injuste. Si les chichas sont interdits dans les bars à chichas, il faudrait interdire l’alcool dans les cafés.»


Source : liberation.fr

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1.Posté par NARGUILOX le 18/12/2007 19:13
Pourquoi continuer à se lamenter sur la disparition programmée au 1er janvier des bars à chichas ? La seule alternative c'est celle des NARGUILOX® (comme au Casino Barrière de Deauville), dont les plus avisés des anciens patrons de bars à chichas se sont déjà équipés.

CLIQUEZ sur le lien suivant pour découvrir l'article paru dans OUEST-FRANCE et qui est toujours accessible en ligne
http://www.ouest-france.fr/Un-bol-d-air-avec-le-narguile-a-oxygene-/re/actuDet/actu_3639-467866-----_actu.html

Bien cordialement


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