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Philippe Jugé : un whisky, what else ?

le Mardi 16 Septembre 2014





Un éternel passionné…

Breton né le 5 septembre 1968, élevé chez les Jésuites à Vannes, Philippe Jugé est devenu l'apôtre du spiritueux à la couleur or. Philippe a choisi de parcourir le monde à la découverte de fûts rares de whisky après avoir débuté sa carrière dans l’univers musical. Jusqu'à ses 32 ans, le "whisky lover" a vibré aux sons des concerts de musique indépendante, pop rock ou encore techno électro. Mais son passé dans l’industrie musicale est ponctué par la création de magazines de presse spécialisée. Sa nouvelle vie se dessine en 2005 à La Maison du Whisky qui lui confie un poste de chargé de communication. En parallèle, Philippe Jugé assume la charge rédactionnelle de Whisky Mag. Après neuf années de bons et loyaux services, Philippe quitte l’équipe de Thierry Benitah (LMDW) pour de nouvelles aventures éditoriales. Sa prochaine mission : assurer la promotion du whisky français dont l'avenir est très prometteur. 

Philippe Jugé ©Nicholas Sikorski-Mazur
Philippe Jugé ©Nicholas Sikorski-Mazur

«Le whisky est le seul spiritueux pouvant revendiquer une telle étendue de goûts et de saveurs».

Infosbar : Philippe Jugé, comment avez-vous découvert le whisky ?
Philippe Jugé : Un peu par hasard et grâce… à la musique ! J’ai été embauché après avoir travaillé 10 ans dans la presse musicale. Il faut savoir que l’industrie du disque fonctionne de la même manière que celle des spiritueux. Il y a des majors (Diageo = Universal), des producteurs et des distributeurs.

Les circuits de distribution sont les mêmes (GD, enseignes, disquaires/cavistes indépendants). Pour faire un parallèle, les distilleries sont les artistes et les embouteillages les disques. Les festivals sont des salons de dégustation et les amateurs ont le même profil : d’amateur occasionnel à fan. Je me suis donc vite senti comme un poisson dans… L’eau.
 
Quelle est la nature de ce spiritueux ?
On a tendance à l’oublier, mais le whisky est une eau-de-vie de bière, comme la vodka ou le gin. Principale différence, il faut un minimum de trois ans de vieillissement en fût. Mais de la nature de la céréale en passant par le type de fût utilisé, les paramètres sont très nombreux à toutes les étapes : brassage, maltage, fermentation, distillation, vieillissement, réduction, embouteillage. A tel point que deux fûts ne sont jamais identiques. Ce qui en fait un spiritueux magique.


Distribué par Bacardi Martini, le whisky Craigellachie sera présent au Whisky Live
Distribué par Bacardi Martini, le whisky Craigellachie sera présent au Whisky Live


Existe-t-il plusieurs types de whisky ?
Il existe trois grandes familles de whisky, qu’il soit élaboré à partir d’une céréale prédominante (single malt à partir d’orge, rye whiskey, de seigle, etc.), à partir d’un mélange de céréales (bourbon, whisky canadien) ou à partir d’un mélange d’eaux-de-vie de différentes céréales (blends). Disons qu’en Europe et en Asie, on fait plutôt des singles malts et des blends en utilisant majoritairement de l’orge et du blé. Le continent nord-américain privilégie des blends et des bourbons à partir de maïs et de seigle.
 
Quelles sont les spécificités de son univers ?
Il y a un whisky pour chacun d’entre nous et pour chacun des moments de dégustation car sa palette aromatique est aussi large et complexe que celle du vin. C’est le seul spiritueux pouvant revendiquer une telle étendue de goûts et de saveurs.
 


«En France, le salon de dégustation Whisky Live est le temps fort de l’année».

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Infosbar : Comment êtes-vous devenu un expert es-whisky ? 
 
Philippe Jugé : J’étais entouré des bonnes personnes pour me donner les meilleures bases. J’ai aussi visité des dizaines de distilleries et lu des dizaines de livres. J’ai toujours posé des questions quand je ne savais pas quelque chose ou que je ne comprenais pas un truc. Mieux vaut passer pour un âne pendant 5 minutes que rester ignorant le reste de sa vie. Mais surtout, j’étais au bon moment au bon endroit. Il y a dix ans, le whisky à réellement commencé à exploser en termes de consommation mais aussi de production. Grâce à mon activité à La Maison du Whisky, à ma fonction de dirigeant de Whisky Magazine et d’organisateur du Whisky Live, j’étais au cœur de l’effervescence. Mais ma vision était globale et extérieure. Je n’ai jamais été 100 % whisky écossais mais me suis toujours intéressé à tous les autres whiskies (japonais, français, suédois, australien, américain, allemand, etc.). Cela m’a donné le recul nécessaire pour comprendre toutes les variétés. Et par ricochet, de bien mieux comprendre le whisky écossais, sans a priori.

 

 
Quelle est votre plus belle anecdote autour du whisky ?
 
Oh, il y en a des dizaines mais j’ai eu la chance d’être consulté pour la version française de l’excellent film "La Part des Anges" de Ken Loach ou d’être à l’origine de l’introduction des whiskies français au Concours Général Agricole. Les premières médailles ont été décernées en février dernier. J’ai aussi eu la chance de travailler cet été chez Warenghem en Bretagne et donc de participer à la production du whisky maison. Une expérience unique et extraordinaire.
J’ai également rencontré tous les grands noms du whisky - maîtres de chai, maîtres assembleur, distillateurs, journalistes – dont le regretté Michael Jackson, le plus grand spécialiste du whisky. Lors de notre première rencontre, cela faisait trois mois que je travaillais dans le whisky, j’avais eu la chance d’être placé à sa droite lors d’un grand dîner de gala. J’étais totalement inconnu de la profession et ne me suis pas rendu compte de la chance que j’ai eu ce jour-là. Je crois bien que les 500 autres convives mourraient d’envie d’être à ma place, tout en se demandant qui je pouvais bien être pour être si bien placé. (sourire)

 

 
Quelle est l'histoire du whisky et quelles sont ses provenances ?
C’est l’histoire d’une eau-de-vie qui a trouvé un terrain d’expression de prédilection au nord ouest de l’Europe (Irlande, Écosse), en raison de la pauvreté des sols qui favorisait la culture de certaines céréales (orge, avoine et seigle), de la nature des sols (tourbe), d’eau en abondance canalisée en rivière dans de nombreuses vallées et d’un climat propice (tempéré et humide) au vieillissement et à la consommation. Autant de facteurs qui ont permis au whisky de devenir ce qu’il est aujourd’hui et aux Ecossais d’en devenir les spécialistes. Mais il ne faut pas oublier que l’eau-de-vie est une invention récente à l’échelle de l’humanité (fin du XIIe siècle en Italie) et qu’elle a mis presque trois siècles pour arriver en Irlande ou en Ecosse (fin XVe siècle). L’eau-de-vie a traversé la France qui a tout de suite distillé beaucoup et les pays germaniques qui brassaient des bières depuis longtemps.